Plus de nouvelles depuis une semaine, j'en suis désolée, mes parents sont partis et c'est un peu le skwat ici. J'ai plus une seconde à moi.
Je pourrais vous raconter la tonne de choses qui s'est passé en une semaine, les hauts, les bas, les putains de bas qui font que ce n'est qu'une descente interminable dont on espère remonter, on y croit dur comme fer, qu'on va remonter, mais on redesend encore plus bas. Je pourrais vous raconter que j'ai brisé un coeur pour réparer le mien. Je pourrais vous raconter les heures passées à ses côtés, à la regarder, à la supplier pour qu'elle veule de moi, à l'embrasser, à être dans ses bras. Je pourrais vous raconter toutes ces choses qu'elle me dit, ces choses qui restent gravées, ses sms où elle me dit "Je t'aime", ses humeurs changeantes où elle passe de "On ne se parle plus" à "Je ne peux résister à ton sourire et à ton regard amoureux".
Je pourrais vous raconter que j'ai fait de ma vie un bordel innommable, que j'suis tombée encore plus bas que je ne le pensais, que j'ai encore perdu du poids, que ma vie c'est les montagnes russes qui descendent trop, trop vite à tel point que je finis par en vomir.
Mais je ne le ferais pas.
Je dirais ce qui se passe réellement, ce qui se passe sans que personne ne le voit. Ce que l'on ne sait pas.
J'ai foutu un an et quatre mois en l'air. Un an et quatre mois que je ne m'étais pas coupée. Et je suis retombée. Je me suis décorée le haut de la cuisse gauche.
Assise par terre dans ma salle de bain, j'ai pris ce qui me tombait sous la main, n'importe quoi pourvu que ça coupe. Cutter, cran d'arrêt, rasoir. Et j'ai éraflé ma peau d'une quarantaine de petites coupures.
J'ai pas enfoncé la lame sous la peau. Je ne suis pas tombée si bas.
Le sang a coulé et je me suis calmée très vite. L'impression de marcher sous l'eau.
Mais je crie que je ne me laisserai pas abattre.
Je l'aime à crever. Je l'aime à saigner.
J'aurais voulu mieux savoir t'ouvrir mon coeur mais j'ai su t'ouvrir que mon corps.
J'aurais voulu que tu acceptes d'entendre ce qu'il y avait à l'intérieur de moi, mais t'as refusé alors je l'ai fait sortir comme j'ai pu.
Je voulais juste avoir foi en quelque chose. Une putain de raison de me lever le matin.
J'ai été refusée à Sup de Pub (école de communication et de marketing), l'an prochain je vais rester ici et ça me tue.
Mais j'ai quelque chose.
Je suis (enfin) avec elle.
Mais pour combien de temps?
à 22:00